Éolien : stop à la fuite en avant
En concentrant déjà 6 % des éoliennes de France métropolitaine (sur 1,5 % du territoire national), la Marne fait face à une incomparable densité d’installations sur son sol. Leur multiplication altère profondément l’identité paysagère et la cohérence patrimoniale. Les habitants assistent, impuissants, à la transformation progressive de leurs villages et de leurs horizons.
Le récent projet présenté à Soulanges illustre parfaitement cette dérive. Malgré la réduction du nombre d’éoliennes de six à trois, l’installation de ces aérogénérateurs de 180 mètres continue de soulever de vives inquiétudes quant à leur impact paysager sur les coteaux champenois. Lors de leurs échanges avec les riverains, les représentants du projet n’ont d'ailleurs pas su dissiper les inquiétudes légitimes : nuisances, saturation du réseau électrique local, incertitudes sur la durée de vie réelle des machines, et risques de dévalorisation immobilière.
Face à cette situation, Reconquête! Marne porte une position claire : zéro éolienne supplémentaire dans le département. L’éolien, par nature, n’apporte aucune réponse sérieuse aux défis énergétiques contemporains. Il constitue une source de pollution visuelle intolérable, dégrade durablement la qualité de nos paysages et trouble le quotidien des habitants par ses nuisances sonores et lumineuses. Surtout, l’éolien est une énergie intermittente et non pilotable, incapable de garantir la stabilité du réseau électrique. Elle ne fonctionne que lorsqu’il y a du vent, et exige constamment l’appui d’énergies carbonées pour compenser ses variations. En d'autres termes, loin de représenter une voie écologique, l’éolien entretient notre dépendance aux fossiles et fragilise notre souveraineté énergétique, en raison du fait qu’il repose largement sur des technologies et des matériaux importés.
À cette inefficacité structurelle s’ajoutent des coûts considérables. Le financement des parcs, leur raccordement, leur exploitation et leur démantèlement pèsent sur les finances publiques, alors que l’État est déjà largement déficitaire. Le mythe d’un démantèlement simple et propre ne résiste pas aux faits, notamment en ce qui concerne le recyclage des pales, particulièrement complexe et polluant. La multiplication des projets, notamment entre Châlons-en-Champagne et Vitry-le-François, entraîne même une saturation des postes électriques, preuve que la prolifération des éoliennes fragilise l’infrastructure locale au lieu de la renforcer.
L’éolien n’est donc pas une solution d’avenir. La France dispose déjà de l’alternative la plus efficace, la plus sûre et la moins carbonée : le nucléaire. Longtemps, notre pays a bénéficié d’un modèle unique au monde, avec près de 90 % de son électricité produite par l’atome. Aujourd’hui, cette part est tombée à 65 % par la faute de renoncements politiques coupables (fermeture de Fessenheim, arrêt du programme ASTRID de quatrième génération...). Nous souhaitons renverser cette tendance, restaurer la capacité nucléaire française et l’étendre pour répondre durablement aux besoins énergétiques du pays. Le nucléaire garantit une énergie stable, pilotable, peu coûteuse et entièrement décarbonée. Aucune autre technologie ne possède un tel niveau de fiabilité.
Il est urgent de réorienter les moyens publics vers une véritable politique écologique, enracinée dans les savoirs scientifiques et attentive à la préservation de nos paysages. Celle-ci ne peut s’appuyer sur la multiplication anarchique de machines géantes qui défigurent durablement notre territoire et allant à l'encontre de la volonté des riverains. Comme le rappelle Michel Bernard, « la destruction du paysage français a des motivations moins éloignées qu’il n’y paraît de la déconstruction de son histoire. Un être humain se déracine par le ciel ; on le dégoûte de la terre en lui gâchant l’horizon ». C’est pourquoi nous nous dresserons systématiquement contre tous les projets qui menacent notre patrimoine visuel, notre souveraineté énergétique et notre qualité de vie.